Pour une modernisation de la Gare du Nord adaptée, durable et exemplaire !

En septembre 2021, la SNCF renonçait au projet Auchan de transformation de la gare du Nord. La hausse invraisemblable des coûts (de 600 millions d’euros à plus d’1,5 milliard !) aura porté le coup de grâce à un projet commercial gigantesque et loin de satisfaire les besoins des usagers, voyageurs comme riverains. La crise sanitaire engendrée par le COVID 19 aura également joué un rôle essentiel.

Les associations locales et celles des transports avaient alerté dès 2019. Ce projet allait à contre sens des débats de la Convention citoyenne pour le climat. Architectes, ingénieurs, professionnels des mobilités se sont exprimés pour que soient révisés de fond en comble les équipements prévus. Les élus EELV comme les Communistes et les Insoumis ont affirmé leur soutien pour stopper cette folie. Tous ont défendu une bifurcation complète du projet afin de composer dans la plus grande gare de France et d’Europe, un espace accueillant de mobilité et de rencontre des voyageurs au cœur même de Paris, une des villes les plus denses du continent.

La rénovation de la Gare du Nord est indispensable

Le projet initial abandonné, les aménagements prévus par la SNCF dans la perspective de la coupe du monde de rugby (2023) et des Jeux olympiques sont une première étape dans un agenda contraint.

Il faut donc voir plus loin, à l’échelle du siècle, en couplant les besoins des usagers et formuler des réponses adaptées à l’urgence climatique. Architecture post-carbone, agencements plus simples, emploi du bois, couvertures solaires, mise en place de mobilités facilitées dans la gare et dans son périmètre qui intéresse les 10e, 18e et même 9e arrondissement, toutes ces questions et d’autres encore nécessitent d’être débattues. Et sérieusement. La SNCF et l’État ne peuvent pas seuls, en secret, « penser » la modernisation de la Gare du Nord liée dans un dipôle avec la gare de l’Est. Ils ne peuvent se contenter d’une enquête publique dont les porteurs de l’ancien projet avaient plutôt ignoré les contributions et les critiques. Il est grand temps de changer de méthode.

Évaluer, anticiper, débattre et proposer

Le slogan de l’agence gouvernementale « France stratégie » paraît totalement justifié ici. Encore faut-il le mettre en pratique. Comment inscrire ce grand projet de modernisation dans une démarche sobre et résiliente répondant à l’intérêt général ?

Pour éviter l’impasse dans laquelle le précédent projet (SNCF/CEETRUS filiale immobilière du groupe AUCHAN) s’était retrouvé, nous appelons de nos vœux la tenue d’une conférence de consensus, ce que nous défendons depuis 2019.

Son principe ? Organisée de façon indépendante par la Commission nationale du Débat public (CNDP), elle permettra aux acteurs concernés de prendre le temps de dialoguer. Usagers, riverains, professionnels, la SNCF, les Régions, l’État, Paris… pourront œuvrer en commun pour dessiner le cadre de cette modernisation nécessaire, lister ses priorités, son mode de financement, les partenariats industriels possibles. La CNDP sera le garant neutre permettant de tenir compte des nouvelles pratiques en termes de transport et préparer la gare aux changements irréversibles du climat.

Dans ces conditions, le Parlement a un rôle primordial à jouer. Un.e Député.e est en droit de porter la demande d’une Conférence de consensus devant la Commission de la Transition écologique et des transports . Comme représentant de la Nation, il est qualifié pour demander avec une dizaine de ses collègues la saisine de la CNDP. Il est du devoir de l’Assemblée nationale de se préoccuper de l’avenir d’infrastructures d’intérêt public aussi importantes et qui ont un rayonnement international.


Les associations ne renonceront pas. C’est un engagement au long cours pour le bien de tous. Un engagement que nous allons demander aussi à tous les candidat.e.s aux élections législatives prochaines, élus ou non. De plus nous lancerons une prochaine campagne de signatures appelant à l’organisation de cette conférence de consensus pour une gare du Nord enfin prête pour la traversée du XXIe siècle.

Serge Remy, président de l’association Retrouvons le Nord de la gare du Nord.

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